Pechelune designer- illustrator artist

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pechelune

Présence

Le concept est une série de portraits. Des portraits sans visage. Pour être touché directement par l’âme du sujet, ce qu’il émane, son « aura », sa présence tout simplement, par son absence. A nous de remplir l’espace vide, le faire vivre.

Le souvenir d’un regard, d’un geste, d’un son… Tout peut arriver dès lors que l’acte artistique est amorcé. (en référence à « L’Espace vide » de Peter Brook).

Alors par quoi sommes-nous touchés ? Et pourquoi ? Puisque le visage n’est pas là. ..

Présence est une philosophie.

Des créations seront prochainement agrémentées de mots des artistes illustrés ; nous connaîtrons alors leurs sentiments sur la présence, et l’absence.

Jérémie d’Angelo = Pechelune

Est un illustrateur – designer périgourdin né à Agen en 81. Depuis l’enfance il se passionne pour le dessin. A l’adolescence il choisit le Théâtre comme mode d’expression et suit des études d’Art Dramatique au CNR de Bordeaux. Après quelques années dans le métier et avoir partagé plusieurs scènes, il revient au dessin et design. Début 2000, il crée le studio Pechelune, consacré à la création graphique, avec plus de 10 000 membres. Ils « créalisent » à la demande : des affiches de concert, pochettes d’album etc. Mais les commandes sont principalement pour le fondateur du site. Les commandes affluent alors des États-Unis et d’Asie et depuis 2 ans, Pechelune suit sa passion première, seul. Cette année, il nous présente son concept PRESENCE, qui a déjà séduit beaucoup de personnalités et de marques. A suivre…

La légende de Pêche-Lune

Il y a bien longtemps, dans un village du sud de la Dordogne, existait un drôle de personnage, un habitant un peu perché, un hurluberlu. Il soutenait mordicus à toute personne croisée sur son chemin, qu’il était capable de pêcher la Lune. Bien-sûr, nul n’arrivait à le croire tant cet exploit pouvait paraitre utopique. Le Pêche-Lune était son surnom.

Un âge certain mais pas trop sûr, pas très grand, brun, les yeux foncés, il était vêtu d’une cape noire et d’un chapeau de croquant. Le jour, personne ne le rencontrait. En revanche le soir, entre chien et loup, il sortait de chez lui, presque toujours à la même heure. Les enfants de ses voisins, intrigués par cet homme mystérieux et noctambule, l’observaient derrière leurs carreaux. Sitôt sa porte fermée à double tour, il se retournait lentement et observait quelques minutes le ciel étoilé. Jusqu’à ce que la nuit tombe. Puis Il grattait une allumette sur le talon d’une de ses bottes et allumait sa lampe à huile. A la lueur de celle-ci, les curieux pouvaient voir ses lèvres trembler, comme s’il murmurait quelque chose et qu’il entamait une conversation avec on-ne-sait-qui, on-ne-sait-quoi. Il déposait la lampe sur le sol, ensuite il se frottait les mains, à priori pour se les réchauffer ou en signe de préparation d’une nouvelle aventure… Sur son dos, un sac de jute accroché à l’aide d’une corde tressée. Sur son épaule, une canne à pêche fabriquée avec du bambou. Il descendait la rue d’un pas décidé, sa silhouette prenait le chemin de droite, celui qui descend la colline, vers le ruisseau. Les enfants qui le guettaient, changeaient de pièce, d’étage, de fenêtre pour le suivre du regard jusqu’à ce que son ombre disparaisse. S’en suivaient des histoires avant de s’endormir, ils inventaient et racontaient ce que pouvait être cette « pêche à la Lune ». Et toutes les péripéties qui sans doute, accompagnaient cette expédition.

Albéric avait 7 ans, il était un de ces petits amateurs de légendes. Bien emmitouflé sous sa couverture et son édredon, il écoutait avec la plus grande attention, la voix de son père. Il lui racontait ce que Pêche-Lune lui avait confié lors d’une rencontre nocturne près du Moulin de la Nauze, alors qu’il allait pêcher l’anguille :

« Je te jure que c’est vrai, la nuit dernière je regardais ma ligne, tendue vers le ruisseau, elle était là, elle était là ! Au bout du fil, dans le miroir de l’eau, elle brillait tellement, tellement ! Elle me pétrifiait mais j’ai été courageux tu sais. J’ai attrapé mon sac et je l’ai posé juste à côté de moi, j’ai tiré sur le fil doucement, doucement… elle s’approchait peu à peu, l’eau scintillait, comme poudrée d’argent, c’était magnifique ! Et soudain, les grillons se sont arrêtés de chanter, c’était le moment : j’ai sauté dans la Nauze avec mon sac. Elle a disparu, je sais qu’elle n’y est plus et elle n’est plus dans mon sac. Elle est plus maligne que les écrevisses, ah ça oui ! Demain soir j’y retourne ! »

Même si cela semblait impossible et insensé, tous les soirs il repartait en quête de son astre merveilleux. Un matin, Pêche-Lune avait disparu, on raconte aujourd’hui qu’il aurait réussi la fameuse prouesse et qu’il serait parti vers d’autres aventures encore plus incroyables.

Jérémie d’Angelo (d’après les on-dit )